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Les API 7 commentaires

Posté par Cedric, le 10/03/2008 - Business 2.0

Au cours de ces dernières années, ces trois lettres magiques ont envahi l'espace médiatique consacré au web. Qu'ont-elles de si magiques ? En quoi annoncent-elles un changement structurel ?
Découvrons comment un outil purement technique peut servir des motivations exclusivement marketing.

Un peu de culture technique...

Une API, c'est une interface de programmation, une couche permettant d'externaliser tout ou partie d'un service web. Pour faire simple, une API permet à n'importe quel site d'exécuter certaines fonctions d'un site distant, sans pour autant avoir à changer de site. Au rang des exemples célèbres, on citera Google Maps, puisqu'un développeur peut facilement ajouter sa propre cartes (avec ses propres données comme les « plots ») sur son site, on citera également l'API d'Amazon, qui permet à un site d'interroger directement la base de données du libraire virtuel pour intégrer une dimension marchande à un contenu informatif, etc.

Prenons l'exemple d'un catalogue produit. Pour en donner l'accès à un tiers (un affilié par exemple), il est possible d'extraire la base de données au format XML. Le problème, c'est que quand les bases deviennent trop importantes, le partenaire à besoin d'affiner sa demande pour ne récupérer que les informations affichées à l'écran, exactement comme lors d'une requête à une base de données locale. Pour cela, le format REST fut développé. Il peut s'agit tout simplement d'un script capable de recevoir des arguments (type ?prixMin=20&prixMax=40) et de génèrer ainsi un flux XML sur mesure (ici, les produits qui coutent entre 20 et 40 euros). Plus tard, l'apparition de SOAP permis l'évolution finale des API : la lecture/écriture.

Des développeurs chouchoutés

Une API n'a pas vocation à être connue du grand public. Pourtant, tout est fait pour que le grand public les utilise (sans le savoir) le plus possible. Ainsi, les sites qui mettent en place de tels outils vont aller « séduire » les développeurs afin de les « évangéliser » à ses différentes applications. Un prémâchage du travail ayant pour but de voir naître un grand nombre d'applications utilisant l'API (des applications appelées « Mash-ups » quant elles mêlent au moins deux API différentes). Animation d'une communauté de développeurs, conception de code de tests et de documentation exhaustive dans chaque langage de programmation, puis invitation à des « barcamps » ou des séminaires, séduction des meilleurs bloggeurs techniques, les grandes marques du web ne lésinent pas pour faire connaître leurs API.

Un objectif purement marketing

Quelle que soit sa forme, la mise à disposition d'une API poursuit toujours un objectif marketing. Une des premières API sur laquelle j'ai travaillé était celle d'eBay, à l'époque où je travaillais chez TradeDoubler à trouver des outils pour augmenter les volumes servis et la transformation. L'API faisait alors figure de voiture de luxe pour extraire des données du catalogue d'eBay chez les affiliés, faisant passer les flux XML plats pour leurs parents pauvres.

 

Trafic avant les APIs

Composition du trafic avant les APIs

 

Trafic après les APIs

Composition du trafic après les APIs

La vraie évolution apportée par les API est la multiplication des canaux de publication. Là ou le web était un espace cloisonné, cantonné au seul trafic dudit site, il est désormais exportable, se retrouve partout sur le web, et peut donc être lu et enrichi (lecture/écriture) de partout, ce qui augmente la pénétration du service et sa renommée.

Autre utilisation à la mode des API, les applications externes. Popularisé par FaceBook, cette méthode consiste à laisser aux développeurs la possibilité de rajouter du contenu dynamique à un site très visité. L'avantage pour Facebook est ici d'ajouter un niveau supplémentaire dans la personnalisation, puis in fine de rendre indispensable le trafic additionnel apporté aux développeurs d'applications, pour un jour le monétiser. D'autres géants comme MySpace ou plus récemment Apple (voir cet article de R/WW) ont suivi le modèle de FaceBook, aidant à rendre le web encore un peu plus décloisonné.

Un changement idéologique

Le changement qui se cache derrière ces trois lettres est donc fondamental, puisque c'est la structure même du web, et l'entité « site » qui disparaît au profit d'une accession multiple à de nouveaux environnements. Pour faire un parallèle, c'est un peu comme le passage d'une économie nationale traditionnelle à une économie mondialisée, où les frontières existent toujours mais où les pays échangent des produits et des services. Aussi vrai que l'on peut retrouver la rigueur allemande dans une belle voiture au fin fond du Japon, on peut désormais retrouver ses photos de FlickR sur sa page personnelle ou son profil FaceBook. Et aussi vrai que les exportations d'un pays lui rapportent, les visites et utilisations accumulée à l'extérieur du site lui sont extrêmement profitable, grâce à la notoriété du support extérieur qui démultiplie sa puissance de frappe.

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