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C'est la crise! 16 commentaires

Posté par Cedric, le 07/04/2009 - Business 2.0

T_d355a303ad0de1091b4660536a90626fMême les chanceux qui vivent dans une bulle (façon Jacques Séguéla et sa Rolex) ont remarqué que les temps étaient durs. Pour s'en convaincre, un détour par nos flux RSS nous ramène très vite à la réalité. Finie l'avalanche d'articles annoncant des financements à six chiffres et autres acquisitions flamboyantes, l'heure est aux dégraissages, de la PME locale à Google, et aux réductions des coûts.

Côté projets, rien de bien nouveau sous le soleil, quelques tentatives éparses qui ont tendance à nous rappeler les années sombres de l'Internet, 2000 - 2003. Pourtant, la récession économique peut être une aubaine pour le créateur.

 

  • La main d'oeuvre est accessible: L'arrivée massive de jeunes diplômés est vecteur d'une offre de compétence forte, et la crise les laisse disponibles, alors qu'à niveau équivalent, ils auraient été embaûché à la première occasion en période d'euphorie. Cela représente une belle opportunité d'attirer des talents à moindre coût.

  • Les locaux sont moins chers. Vu que la plupart des recrutements sont gelés, les entreprises cherchent à diminuer leurs coûts fixes, ce qui consiste bien souvent à sous-louer ou co-louer leurs bureaux, très souvent surdimensionnés. C'est une très belle occasion de réduire des frais fixes dès le lancement.

  • Enfin, qui dit période de crise dit absence de financement, ce qui est loin d'être une mauvaise chose. En devant vivre et se développer sur ses propres deniers, et pénétrer un marché alors que la demande mondiale est morne, le créateur est poussé dans ses derniers retranchements, c'est à dire créer de la valeur ajoutée à tout prix et compenser les dépenses qu'il ne peut pas effectuer en productivité et en efficacité. Un peu comme des bateaux qui tanguent au milieu d'une tempête, ceux qui en sortiront intacts auront de grandes chances d'aller très loin par la suite, quand les nuages se seront dispersés.

 

Pour finir, une mention spéciale à cet article récent paru sur Neteco, et la promotion de l'entreprise "Itsmecard". Comme chaque entrepreneur, cette créatrice mérite beaucoup de respect et d'encouragements. Cependant, qu'un site de la qualité de Neteco consacre un article à un projet aussi peu impressionant, c'est assez inquiétant quant à la santé économique de notre secteur. Ce projet n'est pas innovant (filmer, numériser, mettre en ligne en utilisant le JWPlayer, on sait faire depuis des années), le modèle n'est pas scalable (impossible de se développer rapidement en province et à l'étranger, ce qui fait pourtant l'attrait d'internet, car il faut déplacer une équipe de télévision chez chaque client), et le concept n'apporte que peu de valeur ajoutée au final (les accrocs du web moderne préféreront j'en suis sur un domaine flambant neuf en  .tel, mettant en avant leur différentes activités web-sociales, agrémenté éventuellement d'une vidéo filmée avec la webcam de leur nouveau MacBook, et diffusée avec Seesmic ou équivalent).

La conclusion? Ce vide médiatique relatif peut être une aubaine pour les courageux qui se lanceront en ces temps difficiles.

Cafés bondés, économie moribonde 8 commentaires

Posté par Cedric, le 13/05/2008 - Business 2.0

T_9a756a5193b073f5bb3b18df87752a0dQuand je suis à l'étranger (comme en ce moment, pour monter la première agence offshore de sous-traitance spécialisée symfony –j'y reviendrai), et que je souhaite me faire une idée précise de l'état de l'économie du pays, je vais dans un café.

Un café à forte fréquentation si possible. Là, je calcule un ratio approximatif de serveur par client. D'une manière générale, plus il y a de serveurs, moins l'économie du pays est sclérosée. Pourquoi les cafés ? Car le café est l'activité conjoncturelle par excellence. Elle est très dépendante des aléas de l'économie et est en première ligne des restrictions budgétaires des foyers en temps de crise. Il faut donc pour les patrons embaucher de la main d'œuvre tout en sachant qu'ils pourront s'en séparer si la conjoncture se retournait. Par ailleurs, il faut que le coût marginal d'un serveur (le cout induit par l'embauche d'un serveur en plus) soit réduit. Sinon, le patron est naturellement tenté d'utiliser un minimum de serveurs pour servir un maximum de clients. D'où la déclinaison du premier indicateur : le nombre de serveurs oisifs. Si vous nous lisez depuis la France, cela peut vous paraître étonnant. Pourtant, dans de nombreux pays on trouve dans les bars un nombre de serveurs considérable, y copmpris pendant les périodes creuses, ce qui peut donner un taux d'oisiveté impressionnant (je me rappelle d'une trentaine de serveurs pour 10 clients à peine dans un bar huppé de Phnom Penh, le « Elsewhere »). Ce dernier indicateur est souvent le signe d'une législation très souple en matière de durée du travail (comprenez : le pays est bien loin des 35 heures).

Ensuite, je regarde l'origine ethnique des serveurs et (surtout) des cuisiniers. Si la majorité d'entre eux sont des locaux, il y a peu de chances que l'économie soit à saturation. Plus une économie se développe, plus un nivellement se forme entre main d'œuvre locale et étrangère. Quoiqu'on en dise, la main d'œuvre locale tant naturellement vers les métiers du tertiaire (dans les villes s'entend), délaissant progressivement les métiers physiques. Des postes compliqués que viennent occuper des étrangers (j'exclue ici le cas des travailleurs saisonniers et autres étudiants). La propension des employés d'un pays à développer un plan de carrière sur un métier de serveur ou de cuisinier mal payé laisse penser que la main d'œuvre motivée ne manque pas, et que la productivité et l'implication sont fortes. Par extension, cela peut aussi vouloir dire que le système social est peu développé ; qu'il n'y a pas d'allocation chômage, et peu ou pas de protection sociale, ne laissant guère d'autre choix aux salariés.

En dernier lieu, les prix évidemment. Le prix des matières premières étant relativement le même partout pour ce type de produit, (exemple du Coca Cola) les pays où les boissons sont moins chères laissent supposer que les taxes y sont moins élevées : moins d'impôts, moins de taxes de structure (taxe professionnelle et autres), et, là encore moins de charges sociales (moindres frais dans l'usine locale de transformation du Coca Cola).

Par extension, vous l'aurez compris, quand je prend un verre à l'heure de pointe à Paris, et que je vois des serveurs (étudiants français, canadiens, polonais ou irlandais) au bord de la syncope, perdus dans le flot continu des quelques 150 couverts à servir pendant le coup de feu, que je vois les cuisiniers africains ou indous en sueur dans les cuisine, je me dis que la lourdeur administrative, sociale, fiscale n'a pas besoin d'etre étudiée dans les rapports annuels de l'INSEE pour être mesurée. On peut donc avoir des cafés pleins à craquer et une économie moribonde. La consommation profitant d'un effet d'inertie avant de tomber en récession sous le poids des problèmes structurels.

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