Posté par Cedric, le 24/05/2009 - Business 2.0

Je ne pense pas que le Web américain soit foncièrement meilleur que le web francais. Nos ingénieurs sont mondialement réputés, de même que la productivité de nos employés, régulièrement classée meilleure d'Europe. En revanche, il y a un bloquage culturel qui semble se traduire par un gène réfractaire à la technologie.
Ainsi, lorsque CNN diffuse dans son fil d'information permanent l'adresse de son Twitter ainsi que les messages des utilisateurs en live pendant ses émissions, on commence à peine en France à réaliser le pouvoir d'un Google ou d'un Facebook, et encore plus à considérer le net comme un réel composant de l'économie (il suffit de regarder la dimension conservatrice et réfractaire des faibles mesures proposées en ce moment par le gouvernement pour réguler l'économie numérique - elle y est appréhendée comme un facteur de déséquilibre et de délinquance plutôt qu'un secteur capable de doubler la croissance du PIB).
On a du mal à s'imaginer TF1 parler de Twitter avant 2012, et c'est un peu à l'image d'une société qui semble t-il ne veut pas troubler ses habitudes, inconvénient peut être d'avoir un passé historique et culturel aussi riche. Il n'empeche que cette lenteur d'adoption des media évoque une certaine méfiance, qui elle même entraîne la méfiance des politiques, qui préfèrent légiférer et restreindre au lieu de soutenir et d'encourager. Une méfiance politique qui elle même se répercute chez les investisseurs, toujours plus frileux à l'idée de participer à un projet Internet. En bref, un effet boule de neige qui entraine un statut quo global, qui coupe les volontés de certains enseignants-chercheurs à ouvrir des cursus spécialisés dans les universités, et qui nous affaiblit sur l'échiquier mondial.
Une mentalité publique négative qui pousse le secteur privé à compenser, et qui explique pourquoi la fac Pasqua (Léonard de Vinci) produit autant de salariés de l'Internet (et connait un tel engouement) et pourquoi les chaines de la TNT (qui elles, adoptent ces technologies avec enthousiasme) sont en train d'enterrer litéralement les chaînes traditionnelles.
Un peu comme en sport, quand on a toutes les armes, le reste n'est qu'une question d'état d'esprit.
Posté par Cedric, le 10/12/2008 - Business 2.0
Si, comme moi, vous observez chaque année se dérouler LeWeb3 en vous demandant quel est l'intéret d'une conférence censée mettre le petit entrepreneur audacieux au centre des débats, qui facture à ces mêmes entrepreneurs 1500 euros l'entrée pour voir des intervenants tantôt intéressants, tantôt beaucoup moins intéressants s'exprimer, vous aimerez le compte rendu sanglant fait par Paul Carr du Guardian.
A la fin de la lecture de l'article, après un soupir de soulagement lié à la joie de ne pas avoir mis dans deux jours de discussions le prix du dernier Apple MacBook, on ne peut s'empêcher de se dire que la France est vraiment un canard boiteux de l'internet. Au lieu de pousser ce secteur (comme le font les anglais), un des rares à pouvoir encore embaûcher malgré la crise (essentiellement dû à la croissance du taux de pénétration internet qui lui, ne cesse de croître), on cherche à le taxer ou à le fliquer. Et quand on se risque à faire des conférences, le monde entier se moque de nous... Allez, gardons espoir et vive la France!
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