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Premier aperçu d'Androïd 5 commentaires

Posté par Cedric, le 09/06/2008 - Technologie

Voila déja plusieurs mois que l'on connait le projet d'OS mobile de Google, nommé Androïd. Mais très peu d'informations concrètes avaient filtré.

Jusqu'à la semaine dernière, moment choisi par Google pour dévoiler ce qui sera certainement leur produit technologique phare dans les années à venir. Un moment très bien choisi, à quelques jours seulement de la présentation par Steve Jobs de l'iPhone 3G.

J'ai été absolument stupéfait par cette vidéo. Google semble avoir réussi à égaler Apple sur son terrain, celui de la convivialité de l'interface utilisateur, sans toutefois tomber comme la pomme dans le piège du logiciel propriétaire. Ainsi, la firme de Mountain View a dès les premiers pas de l'OS fait participer les développeurs autour de son SDK, et ainsi fédérer une forte base de "geeks", pourtant éperdument amoureux de l'iPhone à ses débuts. Ce crowd-sourcing a fait émerger des idées géniales, et je me demande vraiment si la fabuleuse boussole intégrée au Google OS n'est pas inspirée du fabuleux projet Enkin, pourtant recalé au concours d'innovation Google Android.

Stratégiquement, ce projet est la conclusion de quatre année extrêmement bien calculées de la part de Google. Tout est parti de l'innovation fondamentale que fût Google Maps, qui les place aujourd'hui idéalement pour attaquer la monétisation des annonceurs offline (commencé avec AdWords pour mobile, que va faire littéralement exploser l'arrivée d'Androïd, comme Windows a fait exploser Internet Explorer). En effet, grâce à ces OS mobile de nouvelle génération, la frontière entre Internet et le monde réel va être de plus en plus fine, puisque des technologies embarquées permettront de connecter l'ensemble de la planète sans aucune connaissance technologique préalable.

Un coup de maitre aussi par rapport à Apple, qu'on pourrait illustrer de la manière suivante: c'est un peu comme si Google avait, lors de la sortie d'OS X, sorti un système qui reprend ses qualités et les poussent encore plus loin, mais sans la contraindre à une machine (le macintosh dans cet exemple), et tout en Open Source. On aurait alors pu installer ce Google OS X sur Mac comme sur PC, complètement gratuitemet, et le géant californien aurait logiquement raflé le marché du système d'exploitation.

C'est exactement ce qui risque d'arriver pour le marché du mobile.

Ruppert, Bill & Jerry vs Google 5 commentaires

Posté par Cedric, le 23/04/2008 - Business 2.0

T_40a8a5b17a07bfcfa965d34b8be209f2Alors que l'offre de rachat de Microsoft à Yahoo! a expiré, alors que des tractations se mènent en haut lieu entre le géant du logiciel et News Corp., éditrice de MySpace, la pression semble changer légèrement de camp ces derniers jours.

Je vois deux raisons essentielles à cela : la première est simple ; les géants de l'Internet commencent à comprendre que l'hégémonie de Google n'est pas éphémère, puisqu'elle a été entretenue par un vent continu d'innovation, sorte de combustible de la performance. En se diversifiant subtilement, Google a successivement placé des billes stratégiques dans ce qui composera à coup sûr l'Internet de demain : les mobiles (Androïd, Google Maps, partenariats avec Apple pour l'iPhone), la recherche globale (vidéo, blogs, images), les suites bureautiques (Docs, Spreadsheet, Presentation..), les applications web de base (mail, calendrier, notes), et pour finir, le marché des professionnels (Google Apps).

Si l'on fait le lien entre tout cela, on obtient environ 95% de l'utilisation classique d'un internaute. Pire encore, en y ajoutant une ou deux briques (l'édition d'image par exemple, façon Picnik), on s'approche même de l'utilisation classique d'un ordinateur.

Cela a deux conséquences : la première est qu'en captant l'ensemble des activités des internautes, Google devient (ou est devenu) un one-stop-shop du web, celui qu'on a presque plus besoin de quitter puisqu'il satisfait à la perfection l'ensemble de nos besoins. Une capitalisation du trafic qui permet de capter la quasi intégralité des budgets annonceurs, aujourd'hui par les liens sponsorisés, demain au sein même des vidéos. De la même manière, les diversifications subtiles opérées ces dernières années ouvrent de formidables opportunités de monétisation nouvelles : l'avènement du mobile et d'un OS pour portable ouvrira l'ère de l'accession des commerces traditionnels (ie offlines) à la publicité en ligne. De la même manière, la présence de Google sur le marché des professionnels va leur permettre d'attaquer un des rares secteurs à n'avoir jamais réellement percé sur Internet : le marché de la publicité B2B.

Alors News Corp et Microsoft ont toutes les raisons de s'inquiéter. La lutte en jeu concerne le gros gâteau du trafic mondial (et donc, des revenus publicitaires) pour les dix prochaines années, une lutte que ces deux géants sentent filer entre leurs doigts. Une alliance est donc possible, voire indispensable, afin d'acquérir Yahoo!, qui reste quoiqu'il arrive l'entreprise la plus à même de générer des carrefours d'audience en un claquement de doigts (on reparlera d'ailleurs bientôt de Yahoo! Shine à ce titre). Une habilité à capter l'internaute grâce à des services de qualité et un contenu riche, qui créé une combinaison forte intéressante si l'on connecte à cela la force incroyable du réseau social MySpace, et la puissance de feu de Microsoft sur certains produits (Messenger aujourd'hui, Office Live demain). A y regarder de plus près, Yahoo! et MySpace complètent parfaitement les faiblesses de Google (le contenu et le communautaire), et Microsoft semble quant à lui seul capable de prendre le leader en frontal sur ses activités cœur (Recherche, Bureautique, Progiciels, Mobile…).

La fin de Windows?

La fin de Windows?Enfin, il est plus qu'urgent pour Microsoft de prendre une position à l'encontre de Google car les chiffres de Vista sont éloquents : ils témoignent du plus faible taux de propagation de l'histoire de Windows. Beaucoup voient d'ailleurs cette version comme celle qui sonne la fin de l'hégémonie de Microsoft dans le domaine tant convoité des OS. En effet, la stabilité d'Unix fait le bonheur des utilisateurs de Mac et d'Ubuntu, et la tendance claire et désormais universellement connue est bien celle du Web OS à l'horizon 2011. Un web-OS, soit le navigateur comme seul programme nécessaire sur un ordinateur, le reste des services étant directement accessible en ligne (vidéo HD y compris avec l'arrivée des fibres optiques et du streaming HD). Un web-OS qui entre en cohérence parfaite avec le besoin accru de mobilité, puisqu'on peut retrouver ses fichiers de n'importe quel poste, fixe ou mobile, en se connectant simplement à ses différents comptes. Un web-OS sur lequel planche déjà, n'en doutons pas, la firme de Mountain View.

Nous allons donc vivre des semaines très intéressantes, puisque les alliances stratégiques qui sont en train de se former vont redessiner l'écosystème des leaders de l'internet pour la prochaine décennie. Il s'agit aussi peut être du début de la fin de l'ère Microsoft. Qui eût cru que Yahoo! serait un jour à nouveau la pièce maîtresse du puzzle Internet ?

Le Cloud computing 15 commentaires

Posté par Cedric, le 14/04/2008 - Technologie

T_686cd4b6053ba58768d39834753c28f5Au lendemain du lancement par Google de App Engine, il est temps de revenir sur un des piliers de l’internet du futur, le cloud computing.

Depuis ses débuts, Internet se compose toujours de la même manière : un site, du trafic, une architecture serveur. Pour imager, on pourrait voir les serveurs comme la bâtisse d’un magasin, les sites comme les boutiques à proprement parler, et le trafic comme les chalands qui se déplacent dans ce centre commercial. Une même bâtisse peut contenir plusieurs boutiques, et plus cette bâtisse est solide et optimisée pour la chalandise (routes, parkings, solidité des fondations, service de sécurité etc..) plus elle est capable de drainer et de contenir de monde.

Il en va de même pour le web. Et c’est précisément là où le bat blesse. Reprenons notre exemple. Après avoir mené une formidable campagne de promotion (sur Internet évidemment), vous voila submergé : des kilomètres d’embouteillages encerclent votre centre commercial, si bien que votre infrastructure est dépassée et ne peut contenir tout cet afflux de visiteurs : vous fermez boutique, en attendant de décongestionner la zone.

Ce genre de problème arrive tous les jours sur Internet. Il est dû à la mauvaise adéquation entre l’architecture serveur et le trafic. Très souvent, les startups tentent d’économiser sur ce poste, en attendant de voir si le trafic augmente. Un beau jour, Michael Arrington leur accorde un article dans TechCrunch. Après les félicitations et la flatterie de rigueur, les créateurs sourient devant leurs courbes de suivi statistique en temps réel… avant de grimacer devant la lenteur soudaine de leur service. Quelques minutes après, la réponse se fait attendre plusieurs minutes, avant d’afficher une erreur 500.

Le Cloud Computing

Cloud Computing

C’est là qu’intervient la petite révolution du cloud computing. Le système est simple, les usines à gaz que sont Amazon et Google possèdent des architectures considérables de plusieurs dizaines de milliers de serveurs. Or, passé un certain stade, ajouter des machines à une architecture déjà existante et très bien structurée coûte très peu d’argent. Amazon s’est donc doté d’un parc additionnel considérable, qu’ils ont virtualisé pour le proposer au grand public. Ainsi est né Amazon EC2 (Elastic Computer Cloud). EC2 est un web service (une API) qui permet d’étendre un serveur facilement et rapidement, pour lui ajouter la puissance et la disponibilité des serveurs d’Amazon. La bande passante, la capacité de stockage, ainsi que la disponibilité sont théoriquement sans limite (dans la réalité, des accidents peuvent arriver). La startup a donc la possibilité, lorsqu’elle voit arriver une charge importante sur son serveur, de créer une image Amazon de leur système et de le dupliquer sur les serveurs distants du libraire Américain. Le trafic recevable est instantanément décuplé et la vitesse de chargement reste intacte pour les nouveaux arrivants.

Il s’agit d’une formidable innovation, qui aide à construire un web « scalable », évolutif et élastique. Une pratique rependue désormais au stockage d’image, avec Amazon S3 ou à la base de données avec SimpleDB. Ceci rend donc théoriquement possible de nouvelles pratiques : avoir un serveur minimal, indispensable pour bâtir son prototype et même lancer son service, et externaliser d’entrée le stockage de son contenu, ainsi que prévoir dès le départ l’addition de serveurs existants en préparant ses images disques prêtes à être lancées.

Un peu comme un supermarché dont la taille du bâtiment serait à même de changer selon l’affluence, permettant ainsi de réduire les couts de structure et de variabiliser des frais que l’on pensait condamnés à rester fixes. Une pratique destinée à se répandre et un marché que n’a pas voulu rater Google en proposant aux développeurs de bâtir leurs applications sur les mêmes serveurs que le célèbre moteur de recherche. La conquête des développeurs étant devenue stratégique pour les géants de l’Internet, on a du mal à croire que Yahoo! et Microsoft ne suivent pas la danse.

Adwords: La saturation 3 commentaires

Posté par Cedric, le 03/04/2008 - Marketing OnLine

Google fights

J'ai du mal à imaginer qu'il y a seulement deux ans, j'arrivais à occuper les premières places en SEM chez Kelkoo pour à peine 13 centimes, sur des noms de stations bien plus réputées et bien avant la fin de la saison des sports d'hiver...

Quand on voit tous ces annonceurs maîtriser exactement les mêmes techniques de rédaction d'annonces, utiliser le même type de redirection, on se dit qu'on ne peut aboutir à autre chose qu'une bataille des CPC (par annulation des Quality Score), comme on l'a déja souligné. On atteindra forcément un jour ou l'autre un tipping point, une barre symbolique que plus personne ne voudra dépasser, et à ce moment, Google devra forcément innover pour continuer à être un canal rentable.

La fin des liens sponsorisés? 9 commentaires

Posté par Cedric, le 18/03/2008 - Marketing OnLine

Janvier 2008 a marqué l’histoire du lien sponsorisé. Pour la première fois, les dépenses effectuées sur ce canal d’acquisition ont baissé. Structurellement haussière, on pensait pourtant cette niche à l’abri des mouvements conjoncturels et des renversements de tendance. Cet événement marque t-il le début de la fin de l’âge d’or du SEM (Search Engine Marketing) ?

Le SEM, enfant prodigue de la pub

Le SEM bénéficie d’un certain nombre d’atouts qui le favorisent nettement par rapport aux canaux d’acquisition traditionnels. Au premier rang de ces qualités, le tracking. Chaque visite provenant des moteurs de recherche peut en effet être suivie, rendant possible le calcul de la rentabilité de cet investissement marketing au centime près. Qui dit tracking dit optimisation, il est ainsi désormais courant de voir les SEM Managers gérer leurs campagnes et leurs adGroups comme de véritables portefeuilles d’actions, afin d’arbitrer entre volume de trafic global et retour sur investissement.

Autre avantage, le contrôle absolu du service marketing sur ses dépenses. S’il est extrêmement facile de baisser le prix d’achat des clics, il est encore plus aisé d’interrompre sa campagne. Une souplesse qui offre sur le papier un fort argument pour capter de nouveaux budgets.

Puis vint le prix. Grâce à un système d’enchères et une prime à la qualité, le SEM est censé être abordable pour toutes les bourses, le moins offrant ayant néanmoins l’assurance d’apparaître dans les positions inférieures.

La réalité actuelle du SEM

Comme tout territoire inexploré, le SEM bénéficiait à ses débuts de tous les charmes d’un paysage vierge. Concurrence limitée, souplesse du système, faibles prix et excellente conversion en étaient les fondements. Très vite cependant, le territoire à attiré de nouvelles convoitises, et l’espace fut soudainement une denrée rare. Les secteurs épargnés (les requêtes sur l’actualité par exemple) furent dernièrement envahis, et alors même que les prix augmentaient significativement, des changements instaurés par Google allaient porter un coup de grâce à ce qui faisait le charme du système.

Google a introduit en 2005 un système appelé QBR, pour Quality-based Ranking. Pour faire simple, QBR est un algorithme qui dit que la position est un facteur du prix au clic (CPC) et de paramètres de qualité. Ces paramètres de qualité sont basés sur des choses aussi variées que la qualité du descriptif, la cohérence entre la requête et la page où l’internaute est redirigé, etc. Malheureusement, ce système s’est progressivement transformé en frais d’entrée pour les nouveaux arrivants. En effet, à défaut d’avoir du Quality Score (QS, on considère donc la formule suivante : pos= CPCxQS), seul le prix au clic (CPC) détermine la position. Un CPC du débutant qui doit donc compenser l’absence de QS, jusqu’à ce que celui-ci se forme (3 semaines environs). Un surcoût pendant une période non négligeable qui rend les campagnes rarement profitables dans leurs premières périodes d’existence. Idéologiquement, on se rend compte que rares sont les petits annonceurs qui peuvent se permettre de perdre de l’argent le temps du lancement de la campagne. Cela a donc bouleversé le paysage, laissant la part belles aux multinationales du web dans des batailles de clic auxquelles de moins en moins de PME et d’acteurs modestes peuvent dorénavant prendre part.

Ces modifications structurelles ayant entrainé des pertes de volumes substantielles, les annonceurs les moins fortunés se sont repliés sur le content (le réseau AdSense chez Google), là où les publicités sont diffusées en fonction du contenu syntaxique des pages web. Malheureusement, si le clic n’est pas cher sur ce canal, la conversion est loin d’y être excellente, si bien que le ROI observé s’est avéré souvent déceptif.

Un retournement programmé

Alors certes, cette baisse en valeur absolue des ventes de SEM en Janvier n’est pas alarmante pour l’industrie, certes ce canal a de beaux jours devant lui, avec l’avènement du SEM sur mobile et tant d’innovations inexplorées, mais sa spécificité en tant que canal accessible démocratiquement aux petits annonceurs qui peuvent s’en servir comme d’un libre service est en déclin, et le SEM ressemble de plus en plus à la télévision, où des majors de l’industrie se livrent des batailles de CPC et s’arment des meilleurs spécialistes, rendant le prix d’insertion toujours plus haut, donc toujours moins accessible pour les petits. Une tournure stratégique que Google risque de payer cher, ces majors se rendant compte que le prix des clics est désormais largement surévalué, et qu’il est de plus en plus difficile d’atteindre la rentabilité. A coût égal et en temps de crise financière majeure, où les budgets marketing sont restreints et doivent aller à l’essentiel, il y a fort à parier que les responsables marketing optent pour les media traditionnels plutôt qu’un lien textuel sur un moteur de recherche, qui n’apporte aucun bénéfice d’image supplémentaire.

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