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Posté par Cedric, le 18/06/2008 - Business 2.0
Alors que l'Euro 2008 de l'Equipe de France se termine, je réalise que moi, comme l'ensemble de mon entourage masculin avons lu la quasi intégralité des interviews de joueurs et d'entraineurs sur lequipe.fr depuis deux bonnes semaines maintenant.
Ce site représente pour moi une sorte de cas d'éthique de la publicité en ces temps de grande compétition internationale et donc de trafic décuplé. En effet, pas un jour ne se passe sans un habillage complet de la page d'accueil, couplé à une vidéo qui se déclenche toute seule (avec du son, s'il vous plait), sans compter les dizaines de bannières de pub clinquantes en rotation, les liens sponsorisés et évidemment le partenariat en marque blanche avec MSN horriblement intégré. Et comme si cela ne suffisait pas, les galeries photos d'après match sont intégrées dans une télélvision Phillips (voir image), télévision au côté de laquelle trône un beau L-REC pour la marque hollandaise.
Alors certes, on nous rétorquera qu'Internet est un media gratuit, qui ne se rémunère, comme les quotidiens déposés dans nos mains à l'entrée du métro, que par la publicité. On nous dira aussi que le site génère des frais, et qu'une compétition sportive de cette envergure représente un créneau unique pour faire de la marge. Les théoriciens, observateurs du déclin de TF1 en bourse y verront même une fort belle reconversion pour une presse papier dont le lectorat a été largement cannibalisé par les media numérique... Il n'empeche... trop c'est trop.
Lequipe.fr reste à mon sens un site globalement mal réalisé (surtout niveau graphique et ergonomique), qui n'a de toute évidence pas d'autre souci que celui de la maximisation du profit: Flux RSS tronqué pour augmenter les visites et les classements divers (nnr, etc.), infos tirées des éditions papier tronquées pour appater les acheteurs potentiels tout en monétisant les deux supports; et absolument aucune limite dans l'invasion publicitaire pendant la lecture (y compris des flash transparents animés difficiles à faire disparaitre).
En bref, lequipe confirme que les media traditionnels ont vraiment du mal à comprendre comment marche le numérique. Mais ils tiennent car ils profitent de leur notoriété naturelle, couplée à leur déploiement journalistique qu'aucun media purement online ne peut encore leur contester. Mais les choses risquent de changer... et nul doute que lorsqu'un site sportif plus complet, plus exhaustif, et mis à jour aussi souvent, verra le jour, les internautes se dirigeront naturellement vers celui qui les respecte le plus... mais comme de revoir une équipe de France championne du monde... ce n'est pas pour tout de suite.
tags: lequipe, publicite,
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Posté par Cedric, le 09/06/2008 - Technologie
Voila déja plusieurs mois que l'on connait le projet d'OS mobile de Google, nommé Androïd. Mais très peu d'informations concrètes avaient filtré.
Jusqu'à la semaine dernière, moment choisi par Google pour dévoiler ce qui sera certainement leur produit technologique phare dans les années à venir. Un moment très bien choisi, à quelques jours seulement de la présentation par Steve Jobs de l'iPhone 3G.
J'ai été absolument stupéfait par cette vidéo. Google semble avoir réussi à égaler Apple sur son terrain, celui de la convivialité de l'interface utilisateur, sans toutefois tomber comme la pomme dans le piège du logiciel propriétaire. Ainsi, la firme de Mountain View a dès les premiers pas de l'OS fait participer les développeurs autour de son SDK, et ainsi fédérer une forte base de "geeks", pourtant éperdument amoureux de l'iPhone à ses débuts. Ce crowd-sourcing a fait émerger des idées géniales, et je me demande vraiment si la fabuleuse boussole intégrée au Google OS n'est pas inspirée du fabuleux projet Enkin, pourtant recalé au concours d'innovation Google Android.
Stratégiquement, ce projet est la conclusion de quatre année extrêmement bien calculées de la part de Google. Tout est parti de l'innovation fondamentale que fût Google Maps, qui les place aujourd'hui idéalement pour attaquer la monétisation des annonceurs offline (commencé avec AdWords pour mobile, que va faire littéralement exploser l'arrivée d'Androïd, comme Windows a fait exploser Internet Explorer). En effet, grâce à ces OS mobile de nouvelle génération, la frontière entre Internet et le monde réel va être de plus en plus fine, puisque des technologies embarquées permettront de connecter l'ensemble de la planète sans aucune connaissance technologique préalable.
Un coup de maitre aussi par rapport à Apple, qu'on pourrait illustrer de la manière suivante: c'est un peu comme si Google avait, lors de la sortie d'OS X, sorti un système qui reprend ses qualités et les poussent encore plus loin, mais sans la contraindre à une machine (le macintosh dans cet exemple), et tout en Open Source. On aurait alors pu installer ce Google OS X sur Mac comme sur PC, complètement gratuitemet, et le géant californien aurait logiquement raflé le marché du système d'exploitation.
C'est exactement ce qui risque d'arriver pour le marché du mobile.
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Posté par Cedric, le 05/06/2008 - Business 2.0
J’ai été invité à tester SlideRocket. Ce concurrent annoncé à Slideshare (sorte de youtube du powerpoint) est attendu avec impatience sur la blogosphère.
Le service consiste en une grosse application développée en Flex. Ce nouveau langage d’Adobe permet de réaliser des applications puissantes « browser agnostic » comme disent les anglophones, donc indépendantes de l’environnement sur lesquels elles sont exécutées, puisqu’elles sont gérées par un plugin (plugin Flash, sur laquelle cette techno est basée).
Cela veut dire qu’on peut s’affranchir complètement des limites du navigateur. Et c’est ce que fait très bien SlideRocket. Loin de se limiter au strict partage de présentation, ce service offre la possibilité de créer en ligne sa présentation. Et vous savez quoi ? C’est vraiment pas mal. L’interface riche est très bien faite, et la possibilité du web rend vos présentations plus interactives : en plus des habituelles formes, vous pouvez ajouter vidéos du web, vidéos flash – flv- des photos stockées en ligne –flickR et compagnie- etc., ce qui donne un coup de jeune à nos présentations.
Pour l’instant je n’ai pas réussi à l’exporter, ca doit être faisable en .swf, mais aucune idée de la possibilité de le faire au format .pps (powerpoint slideshow). De la même manière je ne sais pas si on peut récupérer la présentation sur Google Presentation. En revanche vous pourrez importer tout type de documents.
Pour le reste on attendra de voir la version définitive. Mais on a vraiment l’impression que les application de type « web-desktops » arrivent avant les système d’exploitation web eux-mêmes. Une tendance absolument inévitable, qui offre en + plus de classe et de nouveaux styles à nos présentations.
Qui s’en plaindra ?
tags: flex, sliderocket, web-os
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Posté par Cedric, le 02/06/2008 - Marketing OnLine
Le taux de conversion est l’indicateur du passage de la visite à l’acte d’achat. Toute la science de marketing dit à la performance est de trouver des moyens simples par lesquels on peut inciter les visiteurs à transformer plus facilement.
Parmi ceux-ci, les connecteurs logiques sont importants. Nous disposons tous dans notre inconscient, d’un code génétique de l’acheteur, imprimé à travers notre vie de consommateur. Un code qui s’additionne à des codes culturels.
A la lumière de cette introduction, regardons cette image :

Jet4You introduit ici un moyen simple pour perdre de la conversion, en allant à l’encontre du code couleur le plus basique de tout être humain : l’opposition entre le vert et le rouge. Le cerveau humain associe en effet des couleurs à des concepts. Le concept de validation est associé à la couleur verte, tandis que le concept d’erreur et d’avertissement est associé au rouge.
Le site créé donc la confusion là ou il devrait pousser l’internaute à achever sa commande, en le rassurant et le conduisant délicatement au paiement (logos des cartes acceptées, cadenas symbole de la sécurité, etc.).
L’avantage d’Internet étant de tout pouvoir mesurer, j’aimerais pouvoir estimer l’impact d’une modification si simple sur la transformation. Par expérience, je pense qu’elle sera loin d’être négligeable.
Note : A l’inverse, Jet4You innove dans son système de réservation sans page de chargement. Vous choisissez vos dates, votre destination, et les résultats s’affichent directement, ce qui est rare chez les voyagistes et les compagnies, qui travaillent pour la plupart avec des systèmes énormes de réservation (GDS), et qui est très agréable à l’utilisation.
tags: conversion, jet4you
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Posté par Cedric, le 22/05/2008 - Business 2.0
Connaissez-vous Puboclic ? Et bien, moi non plus. Enfin, en tout cas assez pour avoir été / m'être inscrit à leurs services. Je reçois donc des mails de leur part, la plupart du temps pour relayer les offres moyennement intéressantes d'annonceurs eux-mêmes moyennement intéressants. Passons.
Voici l'email que j'ai (et donc tous les inscrits de leur plateforme) ont reçu :
Bonjour, Comme vous avez pù le constater, le site puboclic est totalement Hors Service. Un petit amateur a essayé de hacker notre serveur. Nous avons donc couper les accés à puboclic, et nous allons devoir poursuivre ce petit malin. Et oui, pensant être le plus malin, ce Lionel P. va trés prochainement avoir des nouvelles de : - Nos avocats. - De son F.A.I (Cogent à Saint Denis) - Et surtout des autorités. A cause de ce monsieur, nous avons (vous et nous) perdu de l'argent et du temps, car si le site ne fonctionne pas, vous ne pouvez générer quoi que ce soit. Il est toujours temps de nous contacter afin d'éclaircir au plus vite cette affaire si vous souhaitez éviter d'avoir à payer plus de 100 000 € de dommages. Sinon, votre régie sera de retour dans les plus brefs delais. Nos techniciens mettent tout en oeuvre pour régler les problèmes que nous avons rencontré. Publicitairement votre, L'equipe PubOcliC http://www.puboclic.com
Plateformes, voici l'archétype de l'email qu'il ne faut jamais envoyer à votre base. Voici l'image que j'ai de cette entreprise après ce mail: (les autres destinataires ne doivent pas être loin de celà non plus)
Vous vivez une crise ? RASSUREZ vos clients. Le problème est en cours de résolution. Stop. Inutile de donner le nom du FAI du pirate qui vous a hacké, ca n'intéresse pas le client que je suis, et ca m'enlève le peu de confiance que j'avais déjà en vous (rappelons que ces gens ont les coordonnées bancaires de centaines, voire de milliers de personnes).
De la même manière, ne rappelez JAMAIS à vos clients qu'ils ont perdu de l'argent. JAMAIS, même si c'est le cas. Et sachez que de dire que vous en avez perdu n'allège en rien leur rancœur. A juste titre.
Les plateformes d'affiliation sont quand même souvent faibles techniquement. A une époque, j'étais payé pour voir si on pouvait frauder sur telle ou telle plateforme. Honnêtement, aussi longtemps que le seul système d'authentification à travers le temps restera le cookie, on pourra générer des fausses transactions en quelques minutes. Certaines plateformes innovent et utilisent les web-services et des système de vérification avancées, mais on est encore au début. On y reviendra. Pour l'instant, méditons cet exemple de communication de crise catastrophique.
Note : à l'heure où j'écris (20 Mai, 11h30), Puboclic est encore indisponible. Encore une fois, ils sont chanceux d'être tombés sur un petit amateur.
tags: affiliation, communication
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Posté par Cedric, le 20/05/2008 - Technologie
Je n'aurais jamais pensé écrire ce genre d'article il y a encore six mois. J'ai en effet toujours fait partie des méfiants vis-à-vis des Mac ; les produits élitistes, design, bénéficiant d'un fort consensus auprès de populations non-nerds me rendent toujours un peu sceptiques.
Mais voilà que depuis quelques années déjà, j'observe qu'une majorité de développeurs et autres administrateurs réseaux passent progressivement au Mac. Le délaissement du PC semble même s'être accéléré depuis la sortie de la catastrophe Windows Vista.
Rattrapé par des problèmes récurrents de pertes de performances sur mon PC, dûs à la très mauvaise gestion de la mémoire vive sous Windows, j'essayai Linux Ubuntu comme un baroud d'honneur (j'utilisais jusque là Linux Redhat/Debian/Gentoo uniquement en serveurs web). Mon goût pour Linux et mon amour de la ligne de commande n'ont cependant pas réussi à me faire oublier une interface graphique que je n'arrive définitivement pas à apprécier. Pas assez de fluidité, pas assez de design, quand son PC est son outil de travail, cela devient vite désagréable.
Alors j'ai cédé pour un portable Mac. Et plutôt qu'un long discours, sachez que j'ai rapidement compris pourquoi autant de développeurs ont fait le pas. Voici ce que j'en retiens après un mois de (joyeuse) utilisation :
L'éditeur TextMate est à la fois très bien fait et très joli. Les tabulations sont propres et il fait même un peu d'autocomplétion. En revanche je regrette mon EditPlus pour le support intégré du FTP (je dois passer par Transmit). Mais si vous marchez par miroirs SVN ce n'est plus trop un problème.
Bien sûr, il y a toujours des choses que je n'aime pas sous Mac. Ne pas pouvoir mettre une fenêtre en plein écran, l'obligation d'utiliser le menu « fenêtres » pour naviguer entre les différentes fenêtres d'un même programme (Windows permet de les changer dans le ALT TAB, même si on peut utiliser Exposé pour contourner le problème), et évidemment je n'aime pas l'absence du clic droit... même si là encore on peut configurer le TouchPad de manière à déclencher le menu contextuel quand deux doigts appuient dessus en même temps. Enfin, le prix du matériel simplement trop cher. J'ai pour la part acquis l'ensemble aux Etats-Unis, car les prix sont les mêmes là bas, et avec un dollar aussi faible qu'en ce moment le calcul est vite fait. Cependant, les accessoires vous couterons très cher ici en France (et 3 à 4 fois plus au Maghreb), comme les 19 euros à débourser pour un simple connecteur DVI/VGA.
Des détails parmi l'océan d'avantages que j'ai découvert depuis l'acquisition de cette machine. Je suis donc ravi d'avoir fait le pas, et attend désormais mon prochain passage en Allemagne où l'iPhone est à 99 euros pour achever ma conversion
tags: mac
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Posté par Cedric, le 15/05/2008 - Technologie
C'est désormais officiel, la refonte du désormais célèbre Yahoo! Answers (questions/réponses en français) a été développé en PHP, avec le Framework symfony.
Dans une présentation très instructive, on apprend quels sont les éléments décisifs ayant amenés la firme de Sunnyvale a adopter le Framework open source symfony, développé et maintenu par des français. Parmi les avantages soulignés, sa séparation claire des couches métier, logique et présentation (le paradigme MVC), son extensibilité (système de plugins), sa facilité d'internationalisation, et son excellente documentation.
symfony semble donc continuer sa route dorée vers le statut tant convoité des applications open-source professionnelles. Sa crédibilité augmente à mesure que des sites à très fort trafic l'adoptent et arrivent ainsi à allier extensibilité et performances. Dustin Whittle cite d'ailleurs un chiffre impressionnant : moins de 100ms de chargement pour cette application 100% dynamique (l'application étant mise à jour trop souvent pour pouvoir être mise en cache).
On notera que Yahoo! n'en n'est pas à son coup d'essai, puisque l'application Yahoo! Bookmarks avait déjà été développée avec symfony en 2006. C'est à cette occasion que j'avais découvert le Framework, lors d'une conférence téléphonique appelée Tech Talks (oui, j'étais au marketing où je me suis d'ailleurs occupé d'une partie du lancement de Answers en France, mais ma schizophrénie professionnelle me rattrapa ;-) ), avant d'en faire la technologie de base utilisée dans mon agence. Yahoo! était pour cela une belle entreprise, avec un accès intranet assez incoryable où les discussions de pointe étaient ouvertes à tous, et faisaient intervenir quelques uns des meilleurs programmeurs au monde (dont Rasmus Lerdorf, inventeur du PHP et employé chez Yahoo!).
La sortie imminente de symfony 1.1 et son système de formulaire 100% indépendant et MVC compliant, de même que ses récentes évolutions conceptuelles (moins « prêt à l'emploi », mais plus fiable et plus extensible, une sorte de couche basse complète sur laquelle on peut bâtir des ensembles solides), font de symfony un outil extrêmement crédible pour développer des applications fiables et évolutives.
Il est temps d'observer les bénéfices de cette nouvelle : non seulement la communauté des développeurs devrait s'élargir à mesure que les applications professionnelles adopteront l'outil, mais Yahoo! va prochainement déverser dans la communauté les plugins fort intéressants qu'ils ont développé pour le projet. Vous avez la liste dans la présentation de Dustin. J'ai particulièrement hâte de voir à quoi va ressembler le plugin ysfBuildPlugin, qui semble offrir un superbe outil pour maximiser l'efficacité de son déploiement. L'évolution du plugin ysfDimensionPlugin semble également prometteuse dans le cadre d'applications distribuées et internationales.
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Posté par Cedric, le 13/05/2008 - Business 2.0
Quand je suis à l'étranger (comme en ce moment, pour monter la première agence offshore de sous-traitance spécialisée symfony –j'y reviendrai), et que je souhaite me faire une idée précise de l'état de l'économie du pays, je vais dans un café.
Un café à forte fréquentation si possible. Là, je calcule un ratio approximatif de serveur par client. D'une manière générale, plus il y a de serveurs, moins l'économie du pays est sclérosée. Pourquoi les cafés ? Car le café est l'activité conjoncturelle par excellence. Elle est très dépendante des aléas de l'économie et est en première ligne des restrictions budgétaires des foyers en temps de crise. Il faut donc pour les patrons embaucher de la main d'œuvre tout en sachant qu'ils pourront s'en séparer si la conjoncture se retournait. Par ailleurs, il faut que le coût marginal d'un serveur (le cout induit par l'embauche d'un serveur en plus) soit réduit. Sinon, le patron est naturellement tenté d'utiliser un minimum de serveurs pour servir un maximum de clients. D'où la déclinaison du premier indicateur : le nombre de serveurs oisifs. Si vous nous lisez depuis la France, cela peut vous paraître étonnant. Pourtant, dans de nombreux pays on trouve dans les bars un nombre de serveurs considérable, y copmpris pendant les périodes creuses, ce qui peut donner un taux d'oisiveté impressionnant (je me rappelle d'une trentaine de serveurs pour 10 clients à peine dans un bar huppé de Phnom Penh, le « Elsewhere »). Ce dernier indicateur est souvent le signe d'une législation très souple en matière de durée du travail (comprenez : le pays est bien loin des 35 heures).
Ensuite, je regarde l'origine ethnique des serveurs et (surtout) des cuisiniers. Si la majorité d'entre eux sont des locaux, il y a peu de chances que l'économie soit à saturation. Plus une économie se développe, plus un nivellement se forme entre main d'œuvre locale et étrangère. Quoiqu'on en dise, la main d'œuvre locale tant naturellement vers les métiers du tertiaire (dans les villes s'entend), délaissant progressivement les métiers physiques. Des postes compliqués que viennent occuper des étrangers (j'exclue ici le cas des travailleurs saisonniers et autres étudiants). La propension des employés d'un pays à développer un plan de carrière sur un métier de serveur ou de cuisinier mal payé laisse penser que la main d'œuvre motivée ne manque pas, et que la productivité et l'implication sont fortes. Par extension, cela peut aussi vouloir dire que le système social est peu développé ; qu'il n'y a pas d'allocation chômage, et peu ou pas de protection sociale, ne laissant guère d'autre choix aux salariés.
En dernier lieu, les prix évidemment. Le prix des matières premières étant relativement le même partout pour ce type de produit, (exemple du Coca Cola) les pays où les boissons sont moins chères laissent supposer que les taxes y sont moins élevées : moins d'impôts, moins de taxes de structure (taxe professionnelle et autres), et, là encore moins de charges sociales (moindres frais dans l'usine locale de transformation du Coca Cola).
Par extension, vous l'aurez compris, quand je prend un verre à l'heure de pointe à Paris, et que je vois des serveurs (étudiants français, canadiens, polonais ou irlandais) au bord de la syncope, perdus dans le flot continu des quelques 150 couverts à servir pendant le coup de feu, que je vois les cuisiniers africains ou indous en sueur dans les cuisine, je me dis que la lourdeur administrative, sociale, fiscale n'a pas besoin d'etre étudiée dans les rapports annuels de l'INSEE pour être mesurée. On peut donc avoir des cafés pleins à craquer et une économie moribonde. La consommation profitant d'un effet d'inertie avant de tomber en récession sous le poids des problèmes structurels.
tags: economie
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Posté par Cedric, le 05/05/2008 - Technologie
Le vent tourne vite dans les technologies web. Après 4 ans de hype ininterrompue à propos du framework Ruby "Ruby on Rails", les problèmes continus rencontrés par Twitter (incapable d'adapter son application à la croissance de sa base) semblent avoir porté un coup de grâce à l'avenir professionnel de ce package.
La longue série de commentaires faisant suite à l'article de TechCrunch montre bien la situation dans le monde du développement: un peu comme les fervents supporters de Mac contre Windows, chaque programmeur a son langage fétiche, et a beaucoup de mal à reconnaître ses faiblesses ou ses limitations.
La réalité est moins radicale: aucune solution n'est parfaite, et RoR a l'avantage d'avoir introduit des concepts intéressants et largement repris par ailleurs. J'ai personnellement toujours préféré les applications qui reposent sur la base d'utilisateurs la plus importante, et sur un environnement serveur classique (Apache, PotsgreSQL ou MySQL, Unix). D'où ma grande préférence pour PHP et Python. PHP qui a d'ailleurs beaucoup évolué grâce à RoR, et l'apparition de nombreux frameworks de qualité comme Symfony ou Cake, inspirés en partie du framework Ruby. Avec l'arrivée de PHP6, de nouveaux ORM plus puissants (Propel 2, Doctrine), et une communauté toujours aussi active, je reste persuadé que le PHP est le bon choix pour les applications professionnelles, à condition qu'elles soient conçues intelligemment en amont (structure de base de données, jointures efficaces...), et optimisées à tous les niveaux (cache html, cache de requête SQL, cache de précompilation, cache en mémoire vive, reverse proxies etc.).
tags: php, ruby-on-rails
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Posté par Cedric, le 30/04/2008 - Entreprendre
Le bootstrapping (BS) représente le fait de monter une entreprise sans capitaux extérieurs, et plus généralement, avec des moyens limités. Nous verrons ici quels en sont les fondements exacts et l'approche à tenir pour les entrepreneurs qui choisissent cette voie.
J'ai bien dit qui " choisissent ". En effet, le bootstrapping doit être un choix. Il n'est à mon avis qu'improbable de réussir son entreprise sans argent, si l'on traîne éternellement derrière soi la frustration de n'avoir pas su convaincre des investisseurs. Au delà de cela, je conçois le bootstrapping comme une philosophie, celle de faire plus (et mieux) avec moins. Une philosophie qui, si elle est sincèrement réfléchie et choisie, peut vous amener à refuser des financements extérieurs s'ils vont sont présentés. Une abherration pour certains que je vais tenter d'expliquer ici.
La philosophie du BS, c'est amener l'entreprise à son point de rentabilité sans apport financier extérieur. Il ne s'agit donc pas d'une vision dogmatique se bornant à refuser l'argent d'où qu'il vienne. Au contraire, c'est une position rationnelle qui vise à maximiser le profit futur, en réduisant la participation des apporteurs de capital.
Il convient ici de rappeler le fondement de l'investissement d'entreprise : il s'agit de la rencontre entre un agent ayant des capacités de financement et d'une entreprise ayant un besoin de financement. L'apporteur de capital offre ses disponibilités financières en échange d'un pourcentage de la société. Ce pourcentage lui donne droit à une part proportionnelle des bénéfices distribués, ainsi qu'à un droit de vote.
L'espérance des apporteurs de capital est donc soit d'obtenir une position stratégique au sein de la société pour faire influer ses décisions, soit de placer de l'argent en vue d'un profit futur important, croissant et régulier.
La part de capital donnée par l'entreprise à l'investisseur est calculée par le risque. Ainsi, plus un apporteur de capital investira tôt dans l'entreprise (tantôt avant ou au début de la création, appelé early stage , seed capital ou série A), plus le pourcentage qui lui sera attribué sera fort, car le risque pris sera élevé. A l'inverse, plus la société sera avancé dans son stade de développement, et se montrera à même de générer du chiffre d'affaire avec une marge satisfaisante, moins le risque pris à investir sera grand, et plus le capital attribué sera restreint. L'objectif du boostrapper est donc d'atteindre ce point d'équilibre, de faire sauter tous les risques tant que le financement provient de ses fonds propres, afin de ne pas perdre des pourcentages inutilement.
La philosophie du boostrapper est donc une philosophie particulièrement noble, dans laquelle l'entrepreneur est décidé à aller au bout de ses capacités financières, intellectuelles et physiques, pour bâtir un prototype, lancer son service, le monétiser et le faire connaître, avant de lever le moindre centime.
Le choix de la difficulté en quelques sortes. Mais un choix qui recèle d'avantages cachés. Ainsi, en évoluant sur son argent et son investissement personnel, le bootstrapper est obligé d'avoir une connaissance pratique et théorique complète. Il doit pouvoir faire n'importe quel type de tâche au sein de son entreprise, doit avoir une stratégie irréprochable, un réseau affûté, des techniques de négociations parfaites, un sens de la rigueur financière et comptable à tout épreuve. Dans les entreprises innovantes, le ou les boostrappers devront posséder les connaissances techniques sur lesquelles ils basent leur service, puisque c'est leur seule chance de pouvoir recruter du personnel qualifié, et d'amener ces employés au bout d'eux mêmes.
Une implication qui pousse l'entrepreneur, sous la pression financière permanente, à tout mettre en œuvre pour voir son entreprise atteindre l'équilibre aussi vite que possible. Un contexte qui l'empêchera de dépenser son argent n'importe comment, qui le poussera à s'entourer des meilleurs éléments, à tirer le maximum de son équipe, de lui même et de son réseau ; des éléments qui constituent la meilleure barrière possible à l'échec. Un garde-fou à erreur renforcé par son obligation d'anticipation: Le bootstrapper doit toujours voir plus vite et plus loin que les autres. Un peu comme un tireur sous équipé mais particulièrement précis sur un champs de bataille, il guette d'un oeil méfiant les concurrents, et n'a d'autre possibilité pour les battre que d'être plus talentueux et plus futé.
Le boostrapper aura finalement acquis des méthodes et des habitudes qui resteront même après la levée de fonds, ce qui fera de son entreprise un investissement beaucoup plus rentable que la plupart des firmes financées en early stage.
Mais le bootstrapping doit être une des choses les plus difficiles à réaliser au monde. Créer de l'argent à partir de rien n'existe que dans les films de gangsters, ou dans le mythe de la pierre philosophale. Le boostrapper est plutôt ce travailleur acharné qui saura utiliser au mieux la base financière dont il dispose (le capital dit " friends & family " ou "love money"). Une implication qui n'est pas donnée à tout le monde, car elle sous entend, en plus de conditions privées favorables (famille, amis, soutiens, équilibre de vie etc.), des qualités personnelles rares : le boostrapper doit être multitâche, polyvalent, consciencieux, gros travailleur, tout en conservant les valeurs positives et la joie de vivre indispensable au succès du management d'un projet et d'une équipe. Nul doute qu'il faille également de grandes valeurs morales pour résister à la tentation de la facilité et des financements externes, pour préserver son indépendance et l'esprit d'innovation de sa société. En bref, un profil rare et précieux.
tags: bootstrapping, creation-entreprise