Posté par Cedric, le 24/11/2009 - Business 2.0
A l'heure où pas mal de services web connaissent des chutes spectaculaires ou ferment simplement leurs portes, parce que trop redondants ou pas à la page, Tumblr fait progressivement son nid dans le milieu pourtant assez stable et figé des plateformes de blogging. A mon sens, il le mérite amplement. Non seulement le produit est très bien ficelé, mais il épouse tous les courants forts observés depuis 2007 et l'émergence de Twitter, des courants qui font prendre au web un virage décisif qui va s'accentuer, voire se généraliser en 2010.
Tumblr, donc. A première vue, rien de nouveau sous le soleil: un nom qu'on a l'impression d'avoir déjà entendu des milliers de fois, orthographié de manière volontairement lacunaire, chose qu'on croyait pourtant finie par consensus global, et puis… énième plateforme de blogging, rôle déjà fort bien rempli par Wordpress, Dotclear, Typepad, et compagnie.
Oui, sauf que Tumblr, c'est une manière structurée de poster du contenu. Ainsi, les bloggeurs old-school habitués à leur grand éditeur de texte riche où ils collaient en vrac texte, images et vidéo en seront pour leurs frais. Sur Tumblr, vous choisissez quel type de contenu vous voulez poster: du texte, une vidéo, une photo, une citation, un lien, ou un son. Ca n'a l'air de rien, mais c'est à mon sens une des plus grandes carences des blogs "à l'ancienne", trop fourre-tout, où l'information peut difficilement être retrouvée de manière optimale, où le filtrage est difficile et où les niveaux hiérarchiques manquent. L'accès à la recherche est désormais facilité par cette structuration, et c'est cette facilité qui va permettre une utilisation massive de son API sur des services tiers, comme on le verra par la suite.
Tumblr s'inscrit parfaitement dans la tendance du web décentralisé, virtualisé à l'extrême, puisqu'il est construit pour être majoritairement exploité en dehors même de sa propre plateforme. Un peu à la manière de Twitter, Tumblr repose sur un architecture RESTful extrêmement simple à exploiter, qui permet d'interagir avec le site depuis n'importe quel service web, aussi bien en lecture qu'en écriture.
C'est d'ailleurs là où sa nature structurée exprime toute sa puissance, puisqu'il devient possible de filtrer le contenu d'un flux Tumblr par type d'élément, en plus de la recherche plus classique par tag. Ainsi, l'ensemble du contenu posté par un utilisateur pourra être aggrégé au sein d'un service tiers, et ce, de manière transparente pour l'internaute.
Tumblr s'inscrit donc dans la tendance actuelle de désintermédiation, et d'aggrégation des "flux de vie" sur le web. En effet, après avoir capté des millions d'utilisateurs de manière purement virale et par le "buzz", les plateformes "sociales" se développent désormais en devenant de simple fournisseurs de flux informatiques, des espaces de stockage permettant le partage d'information en temps réel. Mieux encore, alors que les premiers services web se focalisaient sur le fait d'attirer à eux le plus de visiteurs uniques possibles, les services modernes se battent pour attirer un plus grand nombre d'*utilisateurs*, et leur méthode pour y arriver est de disséminer l'information stockée de la manière la plus massive possible. Obtenant ainsi une force de retransmission de l'information considérable, le service en temps que plateforme technique devient rapidement incontourtable, et voit alors son nombre d'utilisateurs systématiquement exploser. Pour faire simple, les plateformes facilitent le plus possible la reprise des informations de leurs utilisateurs en faisant des APIs très simples, et en structurant leur contenu, car l'élément qui détermine le choix de la plateforme de publication d'un inidividu sera forcément celle qui lui offrira la plus grande exposition sur l'ensembe de la toile.
Pour parvenir à devenir un service incontourable, Tumblr utilise un autre pilier instauré par Twitter et Facebook, un pilier qui amorca en son temps un vrai virage dans le monde du partage d'information: le "following". Tumblr est le premier service de blog à proposer ce système. Le following, ou le fait de pouvoir suivre le flux d'autres bloggers, et ainsi de l'aggréger à un flux principal (déclinaisons du fameux "newsfeed" de Friendfeed et Facebook), permet d'accélérer encore plus la dissémination de l'information, Saint Grââl du blogger. Le catalyseur est ici la dimension sociale. Cette dimension prend sa source dans la réciprocité, principe qui conduit les gens que vous suivez à vous suivre à leur tour, souvent par "courtoisie". La répétition de ce phénomène, et la création inéluctable de leaders d'opinion génère une croissance exponentielle de l'accession à votre contenu, alors qu'il aurait mis des mois à commencer à être visible sur un blog à l'ancienne, type dotclear sur un bon vieux compte free.fr.
Le following est amplifié par la méthode Twitter, où il peut être unilatéral (le "followé" n'a pas besoin d'accepter la requête du "follower"), ce qui n'est pas vrai sur facebook (pour cause de confidentialité des données). Cette notion de following unilatéral et de flux public a permis l'essor des RT (ReTweet), soit le fait de promouvoir un compte tiers par le simple fait de le citer. Concept de RT repris également à son compte par Tumblr, qui permet donc de ReBlogger les articles écrits par les personnes que vous suivez.
Ainsi, Tumblr est une sorte de Twitter adapté au monde du blog. Soit un système de blogging ultra moderne, permettant de faire exploser la vitesse de dissémination de l'information grâce à une couche sociale, et à la dématérialisation de l'information grâce à la production d'une API quasi-exhaustive. Le facilitateur de l'adoption de l'API étant la catégorisation du contenu, garant de l'accès à une information plus fine et plus précise.
La conséquence est très simple. Le blog tel que vous le lisez par exemple en ce moment va rapidement devenir périmé. Pour s'ancrer efficacement dans la décennie 2010, je devrai le reprogrammer entièrement pour en faire une plateforme de syndication de l'ensemble de mon activité sociale numérique. Ainsi, l'ensemble des articles que j'écrirai seront publiés sur Tumblr et repris automatiquement sur ce blog par l'API. Mon flux Twitter sera également syndiqué. Je pourrai aussi créer un espace qui rassemble l'ensemble de mes photos publiques, parues soit sur Tumblr, soit sur Flickr, et je pourrai même rappatrier mes vidéos depuis Youtube ou Vimeo.
En bref, la décennie 2010 sera celle de la disparition progressive des systèmes redondants. Seuls quelques services seront chargés du stockage et de la dissémination de l'information (de véritables autoroutes), les sites Internet, en bout de chaîne, constituerons eux la nébuleuse permettant à l'information de circuler.
Pour aller plus loin, si le web 2.0 était le web en lecture / écriture (le read/write web), le web 3.0, serait un web ou l'écriture serait concentrée sur un nombre limité de services, tandis que la lecture sera généralisée et disséminée, et ne se fera non plus sur des données préalablement écrites sur le site, mais sur des données directement rappatriées depuis les principaux fournisseurs de flux d'informations.
D'un point de vue business, ce positionnement comme autoroute d'information est décisive, car elle empêche la concurrence de se créer, en rendant tout système redondant caduque et nocif pour l'utilisateur. C'est ainsi que Twitter, malgré ses imperfections (notamment son "downtime" record), est à ma connaissance le premier service web a ne jamais avoir souffert de la moindre concurrence, malgré son extrême facilité à reproduire.
Enfin, dernier point business, sûrement le plus intéressant en terme d'opportunités: un nouveau modèle économique est à inventer. En effet, en sortant du paradigme du passage obligé sur le site, les services dématérialisés comme Twitter et Tumblr ne peuvent vivre de la publicité. Pour le moment, aucun de ces services n'arrive à vivre réellement, à dire vrai. Il va donc leur falloir trouver un moyen de faire des profits tout en maintenant cette ouverture et cette gratuité, indispensable pour garder ce statut privilégié d'autoroute de l'information. A cet égard, les deux années qui viennent vont être très intéressantes.
Posté par Cedric, le 29/10/2009 - Technologie
Voilà plusieurs mois que Snow Leopard trainait sur mon bureau. Précommandé à la hâte dès le mois d'Août, en bonne victime du marketing de la marque à la pomme, je ne l'ai jamais ouvert depuis. Comme si je sentais que quelque chose clochait. Les articles très critiques dans les forums, les tweets d'utilisateurs déplorant les cassures de compatibilité, les alertes reçues pour les différents* logiciels dont je possède la license (*bon, ok, les deux logiciels dont je possède la license), pour me proposer des patchs correctifs à la hâte. Bref, ça ne présageait rien de bon, et mon état d'esprit était assez bien résumé dans un de mes tweets, il n'y a pas si longtemps: "This DVD smells like Vista".
Disposant enfin d'un peu de temps libre ces derniers jours, j'ai tenté l'expérience. Et je suis malheureusement obligé de confirmer le pire commentaire que j'ai lu avant de franchir le pas: "It's the most expensive downgrade I've ever seen".
En bref, Snow Leopard introduit de l'instabilité dans ce qui marchait très bien, ce qui est une des pires expériences utilisateur qu'on puisse avoir. De plus, on doit ici souligner l'importance de la promesse non tenue. En effet, Apple nous a vendu cet OS comme "plus accompli, plus rapide, plus simple". Ces trois affirmations sont fausses. En particulier le "plus rapide". Je n'ai remarqué aucune amélioration de vitesse d'une manière générale (note: je dispose de 4GB de RAM), et je soupçonne les utilisateurs qui font part d'une amélioration à ce niveau là de s'en être eux-mêmes convaincus pour éviter de reconnaitre l'ampleur de ce qui convient quand même d'appeler une arnaque.
Quand on utilise autant le marketing en positionnement, distribution et communication, le tout avec autant d'assurance, voire d'arrogance, il faut vraiment être sur de son fait. Je doute qu'Apple puisse se permettre beaucoup de faux pas comme celui-là avant que la communauté ne se retourne, en particulier, la communauté des nerds qui sont venus à OSX pour Unix, et qui sont très volatiles.
Mais il y a encore pire. La "fonctionnalité" qui m'a vraiment fait avaler de travers est la modification de la touche media "play/pause". Cette touche a été modifiée pour lancer iTunes si celui ne l'est pas encore. Ne tournons pas autour du pot, cette touche vous empêche purement et simplement d'utiliser un autre lecteur media que iTunes! (en gros, la musique d'iTunes se déclenche lorsque vous voulez stopper la musique de votre logiciel favori) Le premier visé est évidemment Spotify, qui représente une menace énorme pour iTunes, via son abonnement premium, ses innovations et son service très performant. Pour une société qui a encore le culot de dénigrer Microsoft dans ses fameux spots publicitaires, voici un "cheap shot" anticoncurrentiel du niveau de la firme de Redmond.
Pour ne pas dresser un bilan uniquement négatif, je relève une légère amélioration de la vitesse lors de l'arrêt de l'ordinateur, et surtout une amélioration assez significative des performances de Mail, mon logiciel de messagerie de choix que j'avais abandonné il y a quelques mois car il mettait beaucoup trop de temps à s'ouvrir. En revanche, il souffre également de fermetures impromptues.
Je reste très largement enthousiaste vis-à-vis des produits Apple, mais reprendrai mon ancienne routine: aller essayer le produit qui m'intéresse à l'Apple Store, attendre une vague de reviews, puis prendre une décision. Mon premier achat impulsif Apple a définitivement été un échec.
Quelle a été votre expérience avec Snow Leopard? Aussi négative ou beaucoup plus contrastée, voire plaisante?
Note: J'en profite pour dire à nos amis parisiens que l'Apple Store de Paris au carousel du Louvre devrait ouvrir ses portes le 7 Novembre prochain.
Note2: Pour contourner l'affaire de la touche play/pause, je fais un "click droit" sur l'icone d'iTunes dans le Dock, et coche "couper le son". Le problème est que la RAM attributée à iTunes est perdue, mais c'est déjà ça.
Posté par Cedric, le 20/10/2009 - Technologie
Ces dernières semaines, nous avons sorti un produit que nous préparons depuis pas mal de temps. Il s'agit de FatCap. Ce site, visible en francais sur www.fatcap.org, et initialement créé en 1998, est un des leaders mondiaux des magazines d'arts urbains en ligne. Pour cette nouvelle version, les objectifs à atteindre étaient multiples:
Nous sommes donc partis pour quatre mois de conception dès mi-2007, où il s'agissait d'abord de faire un état des lieux des technologies en présence. En effet, il fallait contourner par la technologie les problèmes suivants:
- Géolocalisation: Il était bien sûr hors de question de se baser sur des champs texte, qui laissent la part belle aux fautes en tout genre. Il fallait se baser sur une API (et donc sur des ID), et proposer un système souple et intelligent qui permettrait aux utilisateurs de renseigner les villes de manière intuitive. Côté API, elle devait être pérenne, et n'avoir aucun risque de cessation d'activité à court ou moyen terme. Nous avons opté pour les bases de Yahoo! Geoplanet (qui, hasard ou chance, sont sorties en plein milieu de notre phase de conception), car ce sont celles utilisées par Flickr et celles qui de loin présentent les fonctionnalités les plus puissantes et les meilleures garanties.
- Ce dernier point fut en outre à l'origine d'un problème plus global: ayant un contenu méta-taggée de manière très riche, il convenait d'adopter un système de tagging très simple à utiliser, très loin donc, des éléments de formulaires mis à notre disposition par le simple fruit de l'HTML (menu déroulants, boutons radio, etc..). Le JavaScript allait donc être intensivement utilisé sur certaines pages. En effet, plus vous rendez une information compliquée à rentrer, plus vous risquez d'avoir des informations lacunaires.
La solution à ces deux problèmes peuvent être illustrés au travers de l'exemple du tagging d'une ville. Voici à quoi ressemble le formulaire d'inscription, par exemple:

fig. 1

fig. 2

fig. 3
Comme vous le voyez sur le drapeau, on préselectionne automatiquement le pays dans lequel l'IP du visiteur se situe. S'il le souhaite, il peut évidemment changer ce pays. Cela nous permet de restreindre notre recherche de ville au pays sélectionné, évitant ainsi les multiples doublons constatés à l'échelle mondiale. Ensuite, la puissance de l'interactivité avec l'API se déploie lorsque la ville est inconnue en base (fig. 2). La, alors que l'utilisateur va taper entièrement le texte de sa ville, nous ne sommes pas encore en mesure de la relier à une ville issue de la base de données des villes Flickr, disponible à travers Yahoo! Geoplanet. Alors, une fois le texte rentré, nous effectuons par Ajax la bonne requete YQL, et sommes capables, s'il y a confusion, de proposer des options à sélectionner (fig. 3), ou, si nous avons un résultat unique, de simplement qualifier le texte tapé en une puce signalant la validation du contenu.
- Ensuite, il y a la spécificité d'un site au contenu localisé. Un tel site ne saurait abriter toutes ses différentes version sous un seul et même serveur. Au contraire, le contenu doit être servi au plus près des internautes, ce qui sous entend d'héberger chaque version dans le pays des visiteurs qu'il cible. Cela pose donc entre autres le problème de l'appel aux images, puisque des images sont chargées sur des serveurs distants de 7000 km, et que nous ne souhaitions pas utiliser de technologie de synchronisation des fichiers (même si unison a longuement été étudié), car technologie sujette aux lags, à la consommation frénétique de bande passante (qui n'est pas chère en France mais hors de prix aux Etats Unis), et sous-optimale en terme d'optimisation de l'espace disque.
Nous avons donc développé un système de gestion intelligent des assets, qui est capable de déterminer sur quel serveur du cluster une image a été chargée, et de l'afficher en conséquence, ainsi que de faire une copie permanente des assets sur le service de stockage tiers Amazon S3. Une fois une image répliquée (dans les 10mn de sa validation), c'est le chemin physique le plus court jusqu'au serveur qui est choisi, dans le but d'optimiser la vitesse et les couts.
Printemps - été 2008: Une fois les documents établis (specs fonctionnelles et techniques, wireframes détaillées, etc.), l'élaboration du design fut assez "simple". Déja, parce que nous travaillions avec une des meilleures agences de Paris (CubeDesigners), mais aussi parce que nous avions une idée très claire de ce que nous souhaitions, facilitant les allers retours. Ainsi, élaborer une page clé complexe ne prenait pas plus d'une journée, sans que nous n'ayons, jusqu'au dernier jour, besoin d'y retoucher le moindre pixel.
Le défi ergonomique de ce design était de bâtir des listes filtrables, sur un système d'entonnoir. Ainsi, une liste de photo peut être celle d'un artiste, comme C215, mais aussi la liste des photos de Paris, celle de tous les "personnages" apparaissant dans une oeuvre, celle de France, de Californie, etc... C'est là la puissance du site: structurer à l'extrême un contenu par ailleurs désorganisé, rendu simple par une utilisation de repères identiques à travers la visite.
Un bon exemple de ce souci de facilitation du parcours de visite est la page de vue d'une photo. Sur cette page finale (rien après ce niveau de navigation), il convenait de proposer aux visiteurs d'autres contenus reliés. Etant donnés nos multiples niveaux de classification d'une photo, nous avons opté pour un coverflow, grâce auquel on peut continuer sa visite sur des frises, toutes classées selon un des critères clés choisis à travers le site (timeline, artiste, ville, type, style, support).
Beaucoup de travail nous attendait chez SeedWeb. Nous avons passé l'été 2008 à concevoir le design, et l'automne fut l'occasion pour notre équipe d'intégrateurs HTML d'intégrer toutes ces maquettes en XHTML selons nos critères très stricts, dans le but d'améliorer le référencement naturel, et en parallèle pour notre équipe de développeurs front, de développer la couche Javascript (avec jQuery), en particulier les interfaces de tagging. Le développement lourd a donc commencé à l'hiver 2008-2009, ce qui concordait avec la sortie de Symfony 1.2, qui intégrait enfin Doctrine comme un ORM de choix, ce qui tombait bien car vue la complexité de certaines requêtes du site et la puissance du DQL, nous aurions difficilement pu nous en passer.
De cette base Symfony, nous avons presque tout étendu: les classes de base bien sûr, le moteur lui même, puisque nous lui avons adjoint la puissance des composants Zend Framework, notamment pour la gestion des services tiers (FatCap est un site ouvert, interfacé avec Twitter, Youtube, Dailymotion, Vimeo, Flickr, etc..), nous avons également étendu les actions de manière à ce qu'elles héritent d'une classe mère par application, qui hérite elle même d'une action commune à l'ensemble du projet, afin de factoriser au maximum le code. Idem pour les composants. Toute notre gestion des images (redimensionnement, intégration à notre système de réplication) est le fruit d'une nouvelle classe de traitement de l'upload des fichiers (qui étend sfValidatedFile), et qui se base sur des fichiers de configuration puissants afin de déterminer la liste des miniatures à effectuer, des emplacements de stockage, etc... L'ensemble des modèles de données est étendu grâce à des templates doctrine, comme par exemple le choix du serveur pour afficher une image, ou encore la réplication S3, le tout en minimisant les requêtes et le temps d'affichage, et en rendant toutes les actions longues asynchrones.
L'ensemble de cette belle machine est surveillée par des milliers de tests fonctionnels et unitaires, et servie par un cluster de serveurs répartis dans le monde, avec des systèmes de réplications de bases de données complets, une utilisation intensive de memcache, et un accent fort mis sur la sécurité. La base de données est constamment "purifiée" par une cinquantaine de démons qui tournent à longueur de journées et de nuits, et qui s'appuient sur un logging statistique étendu pour garder une base de données propre, qualifiée, et à jour (qui sert aussi à produire les différents graphiques sur le site).
En bref, un très long projet, et une belle prouesse technologique pour SeedWeb, qui synthétise l'ensemble de nos champs d'expertise, et qui correspond à notre positionnement ambitieux de s'employer à produire des sites de très haute qualité, facilement extensibles et utilisant un éventail de technologies matures et professionnelles, en utilisant notre expertise en marketing internet et en ergonomie pour maximiser l'expérience utilisateur, et diminuer les couts d'acquisition.
Posté par Cedric, le 16/08/2009 - Business 2.0
Twitter a été le buzzword officiel d'Internet depuis début 2008, au moment où il a pris la suite de Facebook. On trouve généralement deux avis tranchés sur le sujet.
1/ "Twitter c'est de la merde. Je ne vois pas l'intéret de raconter sa vie à des gens que je connais pas". Généralement, celui qui vous dit ca a plus de 130 photos sur Facebook, toutes disponibles au grand public, car n'ayant pas pris le temps de s'attarder sur les privacy settings.
2/ "Twitter ca déchire, ca va révolutionner l'usage du web; c'est la plus grande invention depuis l'IRC". Généralement, celui qui vous dit ca est le genre de personne a avoir payé un Paris-New York pour acheter un iPhone chez AT&T dès l'été 2007, et a l'avoir abandonné quand il a vu les capacités d'Androïd, avant de filer à Londres s'acheter l'iPhone 3GS après avoir vu la vidéo de présentation.
De ce que je comprends de Twitter, ni l'un ni l'autre n'a complètement tort. Ainsi, Twitter peut être ennuyant, voire énervant et pathétique si vous suivez les mauvaises personnes. Génial, distrayant et informatif si vous suivez les bonnes.
Pas de liste ici, mais le profil de la mauvaise personne est souvent le même: ainsi, on a la cyber-star: elle parle souvent de technologie web, bénéficie d'une petite notoriété non correlée à son niveau de compétence, et vogue entre statuts carrément méprisants, et pseudo "breaking news" qui, après l'effet "ah, cool" vous apparaissent légitimement comme totalement dénués d'intéret.
Autre catégorie inutile, les dispatchers. Eux, se contentent de "RT" (retweet, soit transférer un message digne d'intéret à leurs yeux, à leurs propres followers) toute la journée une nuée d'information mal filtrées. Généralement, ces gens s'appuyent sur un blog du même niveau, soit un Wordpress à peine skinné dont le seul intérêt est d'être un bon laboratoire de duplicate content pour Google.
Les Twitter-RSS. Variation des dispatchers, les Twitter RSS ne sont pas des comptes activement managés par des humains, mais des comptes gérés par une application sur leur serveur, qui poste sur Twitter tous les articles parus sur le blog. Suivez ce genre de personne, et vous polluerez votre flux de dizaines de messages tronqués garnis d'une URL, et ce, plusieurs fois par heure. C'est du "bruit" qui biaise largement l'expérience utilisateur que vous pourrez avoir.
Ensuite, il y a les personnes qui ne sont pas foncièrement mauvaises à suivre, mais pas très bonnes non plus. Elles ajoutent à ce "bruit", notion importante dans Twitter, car des fois très subtile mais très nuisible.
Ainsi, les personnes qui prennent Twitter au premier degré ne sont pas intéressantes à suivre. A savoir, ces gens qui updatent leur statut 4, 5, 6 fois par heure, simplement pour partager ce qu'ils font à ce moment précis, et où l'on arrive jamais à savoir si ils le font partager parce qu'ils trouvent ca sensationnel et rare, où juste pour que tout le monde sache qu'ils ont une vie. Là, je donne raison aux anti-twitter, car savoir que @machin a déjeuné avec @truc et @chose, ca ne m'intéresse vraiment pas beaucoup.
Il y a une déclinaison à ces gens, ce sont les nouveaux riches, et dieu sait s'il y en a beaucoup dans le milieu du web. Si vous les suivez, vous aurez droit à une avalanche de statuts de type "flying to LAX" (on parle en code aéroport, c'est plus "in"), ou "having some rest in Bali", une heure avant de poster "leaving for koh samui in my helicopter". C'est sympa une semaine, mais je doute que ca vous fasse rire un matin de février, quand vous irez au bureau dans le nord de Paris.
Par conséquent, si vous êtes un anti-Twitter et reconnaissez ces profils dans les gens que vous suivez, n'hésitez pas à les "unfollow", et rebatissez votre réseau autour de gens qui vous donneront plaisir à lire.
Pour moi, les gens qui utilisent Twitter de la bonne manière déploient un savant mélange de partage d'information utile et d'humour. De la même manière, et un peu à la manière de ce qui se retrouve coté site internet, un "twitter" pertinent est souvent un "twitter" de niche.
Ainsi, un individu qui twitte sur sa spécialité (le développement web par exemple) sera toujours bien plus pertinent qu'un autre qui souhaite aborder une quantité énorme de sujets tournant indirectement autour du développement web, mais sans en maîtriser les spécificités.
Pareil, un Twitter sans humour devient vite ennuyant à regarder. Sans tomber dans les extrêmes d'une vidéo #LOLcat par tweet, on peut (doit?) retrouver une petite touche personnelle et humoristique de temps en temps, c'est ce qui donnera plaisir à ouvrir son Twitter le matin.
Des exemples? Je vais en citer deux: @n1k0 pour les amateurs de symfony et de développement web, un bon mélange de partage de liens de qualité dans la niche qu'il maîtrise, et de distractions; et @vincentglad, pour la variété de ses posts, insolites mais rarement lourds. Ce dernier a notamment compris quelque chose que peu de journalistes comprennent, à savoir qu'il vaut mieux traiter l'information "chaude" de manière décalée et humoristique, que de vouloir informer les gens de manière sérieuse par ce canal. Il faut laisser cela aux Twitter spécialisés dans le broadcasting realtime, comme @breakingnews, ou les twitter de grands media.
Enfin, pour ceux qui militent que Twitter va changer le monde, sans aller jusque là je vais quand même citer quelques points:
- C'est simple: Taper 140 caractères, malgré 6 mois de grève sur 12, c'est même à la portée des lycéens.
- C'est dématérialisé: Twitter en tant que site internet n'existe pas. Sa puissance c'est son API. Elle permet aux utilisateurs de twitter (du verbe twitter) sous n'importe quel équipement, fixe ou mobile, ce qui lui permet une instantanéité considérable, de laquelle va découler le point suivant.
- La recherche en temps réel: C'est un des points les plus "révolutionnaires" aux niveaux des usages. Twitter représente une base d'information structurée (via les hashtag), mise à jour en permanence, qui fait paraître Google comme un mamouth statique. Si vous voyez voler des hélicopters au dessus de vous à Paris, tapez "helicoptere Paris" dans Twitter Search, et vous saurez qu'aujourd'hui se déroule un exercice d'entrainement de l'armée de l'air. Sur Google, vous aurez tout plein de liens pour louer un hélicoptère à Paris.
- Quand j'allais à l'école, je n'avais aucun moyen d'anticiper un problème dans les transports. Nous devions même demander un mot au guichetier RATP pour que nos enseignants nous croient. J'imagine qu'il en allait de même pour les salariés. Plus tard, avec Internet et les écrans d'information, l'anticipation d'imprévus a pu s'opérer. Twitter étant un service qui ne demande aucune réciprocité, il devient l'outil idéal en broadcasting, soit le fait de diffuser une information *publique* à un groupe de personne, sans que celui-ci ait à en diffuser en échange. Visitez http://twitter.511ny.org/ pour comprendre comment cela peut influer directement nos vies quotidiennes, et on peut imaginer Twitter bientôt employé, par exemple, dans les situations d'urgence par les services de Mairie ou de sécurité civile. Une puissance décuplée par l'abstraction au matériel citée dans le deuxième point.
- Enfin, dans les usages plus complexes, Twitter permet de décentraliser la discussion sur le web. Pour faire simple, avant, nous discutions essentiellement sur les forums. Ensuite, avec ce que d'aucuns ont nommé Web 2.0, nous avons discuté dans des flux de commentaires, sous les posts de blogs. Avec Twitter, plus personne ne veut prendre la peine de commenter des articles quand on peut faire profiter son commentaire à tous ses followers. Donc la conversation se dématérialise, se transfère vers Twitter, et ca, c'est une tendance qui va s'accroitre dans bien des champs de la vie d'un site web. On reparlera de ce transfert (et de comment récupérer le flux des discussions Twitter sur un site web) dans un prochain billet.
D'ici là, essayez de nettoyer vos "followings", enlevez les spams de vos "followers", installez Tweetie sur votre Mac ou Tweetie for iPhone sur votre iPhone (ne cherchez pas, il n'y a pas de meilleur client), protégez vos updates si vous êtes sensibles à la confidentialité, et ajoutez-moi @sadai. ;)
Note: Merci à @twenycent de m'avoir fait passer de la catégorie 1 à la catégorie 2.
Note 2: ce même @twenycent nous propose deux liens: Les 46 étapes de l'accro à Twitter, et Comment devenir une star sur Twitter (par Vincent Glad) , je les recommande vivement!
Note 3: Je vous recommande aussi cette présentation très complète du groupe Vanksen.
Posté par Cedric, le 07/06/2009 - Technologie
Depuis hier, et la tenue à San Francisco du WWDC, tout l'écosystème Internet n'a d'yeux que pour le nouvel iPhone. Je ne pense pas que cette version soit une étape révolutionnaire pour l'évolution du téléphone, mais plutôt un palier nécessaire. En effet, les ingénieurs se sont appliqués à résoudre un certain nombre d'incohérences, qui, mises bout à bout, amènent presque à se demander si les premiers modèles n'avaient pas des carences volontaires, afin de pouvoir faire renouveller la même demande chaque année.
Ainsi, le dénommé 3GS (pour 3G Speed) a un nouveau processeur (et est donc plus rapide, indispensable et logique après 2 ans d'existence, mais pas une raison en soi d'upgrader), une nouvelle batterie (la dessus, il était temps de faire quelque chose. Mon iPhone n'a jamais tenu 24h sans recharge, même en airplane mode!), le copier coller et les MMS (c'est quand même des basiques, non?), la boussole (sympa mais pas révolutionnaire), et enfin, la caméra vidéo. La, ils pouvaient difficilement faire autrement, vu que les possesseurs d'iPhone jailbreakés en bénéficiaient déjà (ce qui laisse penser, encore une fois, que c'était un choix délibéré de ne pas l'embarqué dès la V1).
En bref, sur le volet iPhone, la stratégie d'Apple est limpide: créer un contenant superbe, technologiquement très avancé, et rendre la courbe de vente sinusoidale en créant des versions améliorées chaque année. C'est sûrement cette stratégie, et le talent avec lequel elle est marketée et communiquée qui est révolutionnaire, dans un secteur de la téléphonie où la demande s'affaisse naturellement dès qu'un nouveau produit sort sur le marché. Demandez à Ericsson ou Alcatel ce qu'ils en pensent..
L'autre pendant de la stratégie iPhone sont naturellement les applications, le contenu dans le contenant. Les applications sont à la fois garantes d'une marge immense pour Apple, de fidélité de la part de ses possesseurs (difficile de s'en passer), et d'un renouvellement matériel assuré car évidemment, Apple a également pensé à faire évoluer son SDK pour étendre à intervalle régulier le spectre de ce qu'il est possible de faire avec une application. Ces versions successives entraînent des nouvelles applications, donc des achats renouvelés. Exemple concret, dans l'iPhone 3GS, la boussole, qui ne chamboule pas notre vie de consommateur lambda, va permettre d'étendre les fonctionnalités du SDK pour permettre à une société comme TomTom d'avoir enfin son application de guidage routier. Résultat, entre un GPS à 300 euros ou une application TomTom dans mon iPhone à 1 ou 2 euros, je pense que le choix est vite fait. Il suffit de comprendre cela pour reconnaitre l'étendue du génie de Steve Jobs.
Mais au delà de l'iPhone, j'ai trouvé d'autres annonces très excitantes. Par exemple, Snow Leopard, la nouvel version de l'OS maison, OS X, va permettre de mieux exploiter les processeurs modernes, qui disposent très souvent de plusieurs coeurs. De plus, l'architecture répandue sur les Mac-Intel, de processeurs à 64 bits va également aboutir à des applications plus rapides. Et pour ne rien gâcher à la fête, le nouvel OS sera proposé à seulement 29 dollars / euros pour les possesseurs de Leopard. Tout le monde pourra donc bénéficier d'une expérience d'utilisation plus rapide, car les processeurs multi-core existent déjà depuis des années.
Enfin, un gros coup de coeur pour terminer. L'ordinateur que j'attendais depuis longtemps. Imaginez tous les avantages du Macbook Pro (processeur et carte graphiques plus puissants, batterie longue autonomie, slot pour cartes SD, clavier rétro-éclairé), sans les inconvénients (le prix prohibitif, la taille bien trop grande pour être pratique), et vous obtenez le nouveau Macbook Pro 13''. Il a la taille parfaite, des spécifications qui font rêver (à part cet écran brillant), et est disponible à partir de 1199 dollars (soit 860 euros si vous l'achetez aux US). Pour un ordinateur de ce calibre, ca devient extrêmement abordable, c'est LA bonne nouvelle du keynote à mon goût.
Je vous conseille d'ailleurs de prendre la version 2GB de RAM, et de compléter avec ce site: http://www.crucial.com/, l'upgrade vous coutera 50 euros pour passer à 4GB, au lieu de 300 euros à l'achat.
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